Le vote sur la scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde n’a finalement pas eu lieu. Les francophones ont actionné la sonnette d’alarme et renvoyé la patate chaude au prochain gouvernement. À lui de trouver une solution à ce problème qui empoisonne la vie institutionnelle de notre pays depuis tant d’années et suscite de plus en plus d’agacement de part et d’autre de la frontière linguistique. Du moins, chez nos politiciens, car les citoyens, eux, dans l’ensemble, n’en sont même plus à ce stade et se sentent de moins en moins concernés par ce débat. En effet, si certains parviennent encore à se passionner pour ces querelles de voisinage, la plupart assistent, indifférents, au démantèlement de la Belgique. Une certaine lassitude les a gagnés.
Et qui pourrait le leur reprocher ? Cela fait des mois qu’on leur répète qu’on va enfin s’intéresser à leurs “vrais problèmes“ : l’emploi, l’enseignement, les pensions, la santé, l’environnement, la sécurité, etc. Et voilà que le gouvernement bute à nouveau sur BHV, comme s’il n’y avait rien de plus important au monde à régler que ce dossier. À se demander si la crise économique et financière, de même que la présidence de l’Union européenne ne sont pas des enjeux suffisamment importants pour que nos dirigeants mettent – ne fût-ce qu’un temps – leurs dissensions sous le boisseau. Celles-ci auraient d’ailleurs déjà coûté 55 millions d’euros à la Belgique, auxquels il faut ajouter 10 millions pour l’organisation des élections anticipées. Un véritable scandale dans le contexte actuel.
Pas question, cependant, dans notre esprit, de faire porter le chapeau à l’un ou l’autre parti. C’est l’ensemble de la classe politique qui doit se remettre en question. À force de servir de petits intérêts particuliers et à court terme, celle-ci a effectivement perdu le sens des priorités et s’est peu à peu coupée de la base. Résultat : les Belges ont de moins en moins envie de voter ou de participer au débat public. Celui-ci, de toute façon, a été confisqué par les partis. Ce sont eux qui, aujourd’hui, font la pluie et le beau temps, et déterminent l’agenda politique de notre pays. Il est donc urgent que l’on rende enfin la parole aux citoyens, et pas seulement au moment des élections. Peut-être ceux-ci se révèleront-ils plus sages et avisés que les hommes et les femmes censés les représenter ?